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La page illustrée et la page savante, par le Professeur Grafton
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« LA PAGE DE L’ANTIQUITÉ À L’ÈRE DU NUMÉRIQUE. HISTOIRE, USAGES, ESTHÉTIQUES » PAR LE Pr. ANTHONY GRAFTON
La Chaire du Louvre avec Anthony Grafton, cycle de conférences et ouvrage, juin 2012
www.louvre.fr/conferences-et-colloques

La Page illustrée : Hartmann Schedel et le contexte humaniste (conférence du 18 juin 2012)

Labyrinthes et Minotaures : la page savante (conférence du 25 juin 2012)

Lors de ces deux dernières conférences de son cycle, le Pr. Anthony Grafton nous a conviés à l’observation de deux livres rares, présentés sur scène, filmés en vidéo et projetés sur grand écran au fur et à mesure qu’il en tournait les pages :

- La Chronique de Nuremberg par Hartmann Schedel (1493)

- Le Dictionnaire de Pierre Bayle (1696)

La Chronique servit de preuve à la démonstration à laquelle le Pr. Grafton tient particulièrement, selon laquelle, depuis même la lointaine époque des incunables, l’attention portée à la mise en page est largement constitutive du succès d’une entreprise d’édition. Cette Chronique de Schedel, œuvre tout à la fois prisée et tournée en dérision par les connaisseurs, a autant attiré le public par ses images que par ses textes. Dans l’exemplaire présenté, on put autant se figurer le succès des gravures (certaines magnifiques, dont celles attribuées à Dürer, d’autres vulgaires ou grotesques, de type « de colportage ») que l’on put constater que les textes avaient été étudiés par des savants (qui y avaient laissé leurs annotations manuscrites en latin).

La conférence consacrée au Dictionnaire de Bayle nous a quant à elle plongés dans la page savante, où le texte est présenté sans artifice mais où, justement ! il a besoin, pour atteindre l’esprit du lecteur, de ce que le Pr. Grafton appelle la « dynamite » ! Dans le cas de Bayle, c’était par exemple des opinions hétérodoxes et des histoires licencieuses, qui surnageaient dans un océan de notes, commentaires et gloses, comme on avait l’habitude de les composer pour en accréditer la valeur.

Le Pr. Grafton est donc autant soucieux que le fonds d’un texte puisse éveiller l’attention du public auquel il peut être utile, qu’il est convaincu que sa forme y aidera si elle en est bien conçue. Retenons cette formule si belle et si juste, qu’il a eue à ce sujet :

« CHAQUE PAGE A UNE APPARENCE DISTINCTE, C’EST UN THÉÂTRE VISUEL OFFERT À LA MÉMOIRE. »

À NOTER : le professeur Grafton a fait aux Conférences graphiques de ce site le grand honneur d’un passionnant entretien, à paraître prochainement.

Rappel de la publication du livre du Pr. Grafton : « La page de l’Antiquité à l’ère du numérique. Histoire, usages, esthétiques. », La Chaire du Louvre, en coédition avec Hazan, 2012, broché, 250 pages, ISBN 978-2-75410-835-1.