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 Conférences graphiques

Les caractères de Pierre-Simon Fournier (1764)
Une pièce d’atelier rescapée des maquettistes
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LES CARACTÈRES DE L’IMPRIMERIE
Par Fournier le Jeune, à Paris, Place de l’Estrapade, Rue des Postes, 1764
1 VOLUME, FORMAT 11 x 17 CM 

C’était à l'origine un outil de travail destiné aux imprimeurs et à ce titre c’est un miracle qu’il nous soit parvenu : les ancêtres des graphistes actuels, les « maquettistes » employés par les imprimeurs, découpaient allègrement les pages de ce genre de production technique pour les besoins de leurs présentations aux clients. Les historiens les plus savants nous disent que ce petit ouvrage a existé sous deux formes : 124 pages (l’exemplaire présenté) et 168 (incluant en toute fin les planches dépliantes des caractères musicaux).

Pierre-Simon Fournier, dit Le Jeune (1712-1768), était l’un des plus éminents fondeurs de caractères parisiens de son temps. Son apport à la typographie fut immense : il était le prince du bon goût et créa un style qui connut une vogue extraordinaire. Il augmenta à l’infini les motifs et combinaisons de vignettes, fleurons, encadrements et autres décors et ses pages de titres se distinguent entre toutes grâce à ses caractères ornés et éclairés. Ses productions furent copiées, imitées, parfois surpassées. On les utilisa jusqu’au début du XXe siècle quand on voulait faire dans l’élégance à la Louis XV plutôt que dans le style fin XVIIIe ou qu’en elzévir. En 1924 la maison Monotype commercialisa sa fonte Fournier (disponible aujourd’hui au format numérique).

On voit ci-dessous la comparaison du Saint Augustin Ordinaire de Fournier (à g.) qui lui servit de modèle et le Fournier de Monotype (à dr.) :

Toutefois ce n’est pas sa typographie qui a transmis son nom à la postérité, mais plutôt son ouvrage intitulé « Manuel typographique utile aux gens de lettres », deux volumes, 1764-66. Le premier de ces deux volumes est un traité historique irremplaçable. Le second est essentiellement constitué des pages du petit livre présenté ici : l’échantillonnage des caractères de sa fonderie. On comprend donc qu’en même temps qu’il peaufinait l’ouvrage de sa vie, il pensait aussi à faire tourner la boutique, et que c'est pragmatiquement que ce spécimen, sorti en 1764, a précédé la finition et la diffusion du plus ambitieux de ses projets.