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Linotype Font Center (1984)
Charnière entre la photocomposition et la PAO
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CARACTÈRES DIGITALISÉS (titre français)
Linotype Font Center, (Allemagne) Mergenthaler Linotype Stempel Haas, 1984
1 VOLUME (RELIURE À SPIRALES), FORMAT 12,5 x 27,5 CM 

La société Linotype mérite qu’on écrive son histoire en détails. Mais nous ne nous attarderons ici qu’à ce petit spécimen à spirales du milieu des années 1980. Innovation et technologie sont dans les gènes de la société Linotype, depuis l’invention de la machine à clavier de composition automatique d’Ottmar Mergenthaler, en 1885. Le virage informatique fut pris très tôt quant à lui, dès l’apparition sur le marché de matériels de photocomposition, dans les années 1950 et 60. Ce seront alors des successions d’opérations industrielles de rapprochements entre compagnies, d’acquisitions, de fusions. De longues années de lourds investissements pendant lesquelles les travaux de création typographique n’ont jamais cessé : les pages de polices de caractères de ce spécimen sont l’épine dorsale de la société, l’aspect tangible et pérenne de sa production, son trésor.

En 1984 ces polices, qu’on continuait (et qu’on continue toujours) d’appeler « fontes » bien qu’elles fussent toutes numérisées, étaient vendues sur de gros disques pour être téléchargées dans des stations de composition ou des flasheuses de films et de bromures.

Mais très vite la révolution de la publication assistée par ordinateur (PAO) allait contraindre Linotype à de nouvelles adaptations. En effet, on voit dans les dernières pages de ce livret dix schémas explicatifs du processus de création typographique (v. reproductions et légendes ci-dessous). On réalise, notamment devant les schémas 4 et 8, que la numérisation était encore faite en points et en coordonnées. Deux ou trois ans plus tard tout serait à refaire pour les standards du « Postscript » imposés par les systèmes Macintosh et consorts. On utiliserait pour ce faire la technique souple des lignes courbes que l’ingénieur français Pierre Bézier avait mise au point pour la CAO de l’industrie automobile – mondialement connues (– cocorico !) sous le nom de « courbes de Béziers ».

1. Dessin de l'artiste : c'est l'artiste qui crée la forme du caractère

2. La maquette : mise au point dans l'atelier de D. Stempel AG.

3. La chasse et la mise sur grille : déterminer l'espace entre les caractères, positionner la caractère au milieu optique

4. Digitalisation par IKARUS : transcrire les caractères en données qui peuvent être traitées par le lecteur de l'ordinateur à l'aide de points de digitalisation

5. Digitalisation par scanner en forme de tambour : couper les caractères en lignes scanner (l'alternative au 4)

6. Correction sur l'écran : la mise au point des nonnées numériques

7. Format lignes scanner : les caractères sont définis en lignes verticales (pour plus de clarté : agrandis 4 fois). Ils servent de base pour la fabrication des fontes

8. Format contours : seulement les contours des caractères sont mémorisés à l'aide de coordonnées

9. Fonte digitalisée : comporte les données mémorisées sur disque à traiter par une photocomposeuse digitalisée. Un disque peut comprendre plusieurs alphabets

10. Photocomposé en neue Helvetica 65 quart-gras.



Voir aussi : lien à venir (article en rédaction)