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Aperçus historico-touristiques des vestiges de l’industrie papetière auvergnate
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L’HISTOIRE D’UN VIEUX MÉTIER - LE PAPIER D’AUVERGNE EST FAIT À LA MAIN COMME AU MOYEN ÂGE
Élie Cottier, Clermont-Ferand, Éditions Mont-Louis, s.d. (1938)
1 VOLUME, FORMAT 18 x 23 CM 

La désindustrialisation des campagnes françaises fut, au lendemain de la Grande Guerre, un phénomène qu'on pourrait peut-être comparer à celui dont on se désole aujourd'hui au niveau national. L'industrie papetière était ainsi un fleuron dont on devint vite nostalgique, notamment en Auvergne. Le nombre, la pureté et la constance des cours d'eau de cette région l'avaient largement favorisée, dès le Moyen-Âge, pour l'établissement des moulins à papier, qui étaient de véritables petites usines tenues par des individus ou des familles, dont certaines devinrent des dynasties. Certains de leurs noms sont oubliés de nos jours, comme celui des Gourbeyre. D'autres sont toujours connus des professionnels comme l'ancienne société des Aussedat, ou Malmenayde, dont l'entreprise existe encore – la famille éponyme n'en ayant cédé que très récemment les rênes à un groupe international. D'autre enfin sont connus du public : Montgolfier, et par eux Canson, etc.

Cette nostalgie fut cultivée par différents auteurs dès le début du XXe siècle : le littérateur Henri Pourrat (1), d'Ambert, la ville située au cœur de ce bassin d'entreprises, Henri Alibaux, papetier lui-même, ou encore le prolifique Marius Audin (2). Après eux, Élie Cottier les résume dans ce joli livre clermontois, imprimé comme il se doit sur un magnifique papier fait à la cuve. Il s'agit, explique l'auteur (p. 71), d'un papier fait à Laga pour les Imprimeries Mont-Louis, et qui porte en filigrane (3) le dessin stylisé d'un sabot :

Il y a de belles images dans ces pages : les bois de l'ambertois Angéli, et ceux d'autres graveurs, des cartes et des reproductions, notamment des plus vieux filigranes connus (v. photo en haut de page). Le texte est une belle oraison pour les procédés anciens. Très anciens ! On parle là du papier issu d'une pâte faîte de la décoction de chiffons, c'est à dire une technique antérieure aux développements de la machinerie de la fin du XVIIIe siècle qui l'avaient remplacée par la pâte de bois. Autres temps autres qualités. Il reste aujourd'hui un survivant de ces moulins, celui de Richard de Bas, musée vivant ouvert aux touristes et qui concentre ses productions vers le grand public (papier d'aquarelle, carnets, correspondance, etc.). Les professionnels se sont quant à eux tournés depuis longtemps, pour leurs besoins d'imprimerie, vers de grandes entreprises dont les principales sont des groupes mondiaux qui gèrent la filière depuis la matière première (culture des forêts) jusqu'à la distribution et aux spécialisations.

Maintenant, même quand on veut faire imprimer un document luxueux sur un papier qui ressemble au papier chiffon de cette époque, on a généralement recours aux catalogues de ces industriels où on trouvera des imitations contenant, au mieux, quelques pourcentages de coton dans la pâte de bois…