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Transfert à sec (dry transfer)
La contribution presqu’oubliée des Letraset aux travaux de maquette de mise en page
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LETRASET
(Catalogue général pour la France) à Montreuil, Letraset France, (s.d., années 1980)

1 VOLUME, FORMAT 21 x 29,7 CM 

La société Letraset commercialisait des feuilles de matière plastique sur lesquelles on trouvait des milliers de motifs et d’alphabets dans toutes les tailles, eux aussi dans une matière composite, que l’on transférait sur le papier ou le carton en appuyant dessus avec un petit stylet prévu à cet effet.

C’était fastidieux, interminable, souvent bancal, il fallait toujours retourner chez le marchand à l’autre bout de la ville pour racheter une planche parce qu’il manquait toujours une ou deux lettres ! Mais ça évitait aux graphistes, architectes ou designers qui n’en avaient pas les talents de peindre ou dessiner leurs textes dans des typographies idoines, leurs ornements, pictogrammes, filets, encadrements et autres éléments divers et variés, ça donnait à leurs maquettes un verni professionnel certain.

Aujourd’hui la technique du transfert à sec est plus particulièrement utilisée pour le marquage d’expositions, pour composer des textes sur des murs ou des panneaux. Mais on fait des clichés de textes entiers, on ne les compose pas comme avec les Letraset : lettre à lettre ! Pour le reste cette activité a été balayée à la fin des années 1980 par l’arrivée de la publication assistée par ordinateur (PAO) – quoique (souvenirs) le graphiste fut heureux de recourir, quelques années encore, à certaines lettrines ou quelques dessins, quand il n’avait à sa disposition que PageMaker 2.0, les premières fontes système et pas encore de scanner ! On pouvait aussi, à cette époque reculée, faire réaliser par des fournisseurs spécialisés des transferts à sec en couleurs à partir de ses compositions en PAO – pour pallier au noir seul de l’imprimante LaserWriter II.

Et puis rectifions : la société Letraset commercialise encore ! des transferts à sec de polices de caractères… Mais c’est devenu un épiphénomène par rapport aux heures glorieuses où son nom était passé dans le langage courant. Aujourd’hui cette activité est essentiellement destinée au secteur dit des « loisirs créatifs ». Letraset a recentré ses activités sur différents autres métiers de ce domaine, comme les fournitures et les logiciels.

Par ailleurs, la société, propriétaire d’un nombre incalculable de fontes de caractères originellement dessinées pour elle, continue d’en exploiter les droits auprès de différents distributeurs dans le monde. Ce qui n’est pas sans créer des débats au sein de ces créateurs qui retrouvent les polices qu’ils avaient dessinées pour Letraset vectorisées et disponibles en ligne pour la PAO. La législation est très lâche, partout dans le monde, sur le droit d’auteur en typographie – considérant en somme que personne ne saurait se targuer d’avoir inventé la forme des lettres d’écriture ou leurs évolutions, et que leurs dessins en sont toujours les mêmes à quelques détails près. Ces détails, vie et œuvre des designers, commerce des éditeurs, source ininterrompue de conflits pour plagiats depuis le tout début de l’imprimerie…